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Castellion Contre Calvin

Castelion Contre Calvin.

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La postérité ne pourra pas comprendre que nous ayons dû retomber dans de pareilles ténèbres après avoir connu la lumière.

 CASTELLION (De arte dubitandi, 1562)

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L’auteur :

Zweig écrit bien. Zweig parle juste.

 

Son style est dense, clair et pure. Dans ce texte il raconte tout ce qui n’est jamais dit, le sous texte, et ne peut être vraiment dit pendant que la situation se déroule. C’est parce que plusieurs siècles se sont écoulés qu’il peut le raconter et que nous pouvons essayer de l’entendre.

 

Ce rapport de pouvoir, qui mène à l’abus de pouvoir par la violence, toutes les époques l’ont connus. Sous différentes formes, plus ou moins violemment.

Ce que nous décrit Stefan Zweig c’est un mécanisme employé par quelqu’un dont les valeurs à l’origine, le tenaient éloigné de tout pouvoir. Calvin se soumettait à sa religion, à ses croyances. Lorsqu’il accède au pouvoir la dérive commence.

Zweig semble tous nous mettre en garde. Le pouvoir peut changer notre personnalité, nous transformer, voire nous faire devenir des tyrans.

Il nous interroge à propos de la liberté. Cette liberté si chère à nos yeux, pour qui beaucoup ont donné leur vie. Lorsque nous l’avons elle nous ferait presque peur. Alors certains préfèrent la perdre et se soumettre à quelques croyances ou gourous.

 

Notre compagnie vient de monter un spectacle sur le thème de la maltraitance, de la parentalité. Il s’agit aussi de maltraitance dans ce rapport entre Castellion et Calvin.

D’une autre nature certes, mais avec les mêmes mécanismes. La famille s’est transformée en société : la société européenne ; la maltraitance a les traits du fanatisme.

 

Zweig et Castellion nous mettent aussi devant nos responsabilités face à la postérité. Nos réactions ou absence de réactions ont des incidences sur l’avenir. Zweig nous parle de la personnalité des Genevois avant l’inquisition et celle que nous connaissons aujourd’hui. Autant la première semblait être constituée d’exubérance, autant aujourd’hui nous la voyons pleine de réserve et d’une certaine froideur.

Notre société a connu, et connaît encore, beaucoup d’interdits issus de cette période. L’influence religieuse nous impose des règles de vie qui ont pris racine à cette époque.

 

Zweig nous raconte le combat d’un homme humaniste qui n’a que sa conscience et sa volonté pour refuser l’intolérance et le fanatisme, le combat du  « moucheron contre l’éléphant ».

 

Alors une question me hante : Et si le moucheron avait eu raison de l’éléphant, quel serait notre monde aujourd’hui ?

Le genre de question que certains ont du se poser pendant les guerres mondiales du siècle dernier.

Le genre de question que je me suis posé lorsque mon immobilité a contribué à aggraver certaines situations.

 

PATRICK BRASSEUR

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L’histoire :

 

 

Les années 30. Un homme, valises à la main, part en voyage.

Il songe à l’acte qu’il est en train d’accomplir : l’émigration.

 

Cet homme c’est peut-être Stefan Zweig, parmi tant d’Européens à avoir senti « le vent tourner » et à avoir choisi l’exil.

 

Il quitte son pays sur le point de basculer dans le fascisme.

Il s’interroge :

« Pour ne pas admettre la violation de sa conscience, il n’y a que trois voies possibles :

– combattre ouvertement la terreur et devenir un martyr,

– se soumettre en apparence et cacher sa véritable opinion, ou celle de l’émigration. »

 

Le temps du voyage, il pense à Sébastien Castellion, un humaniste du XVIème siècle, qui lui aussi s’est battu contre le fanatisme et s’est opposé en son temps à Jean Calvin.

 

Et apparaissant sur le quai de cette même gare, nous plongeant plus de quatre cent cinquante ans en arrière, Castellion et Calvin s’affrontent, exposant des idées et des idéologies d’un autre temps et pourtant tellement d’actualité.

 

Puis nous retrouvons cet émigré sur le pont d’un navire en partance pour l’Amérique latine.

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Qu’en dit la presse ?

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