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La Nappe A Carreaux

La Nappe A Carreaux 3e Essai

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 L’Histoire

Ils étaient deux camarades du même âge et jouaient à la course cycliste sur la table de la cuisine. Une nappe à carreaux leur servait de route et de reliefs. Des objets du quotidien, dictionnaire, brosse à chaussures, céramique et glace, servaient à figurer les difficultés rencontrées par les cyclistes sur le circuit de la course. Ils se prenaient pour leurs idoles de l’époque, tel Jacques Anquetil. Ils se plongeaient dans la peau de ces héros comme ils l’auraient fait pour jouer aux cow-boys et aux indiens. La nappe à carreaux était bien plus qu’une nappe, les carreaux bien plus que des carreaux. On entre dans le monde imaginaire de l’enfance et l’on vit de façon exubérante des courses mythiques.

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Note d’intention

L’histoire se passe au début des années 1960. La télévision ne s’est pas encore démocratisée. Les enfants inventent des jeux. Ils s’appuient sur les idoles qui font la une des journaux de l’époque ou qui attirent les fans dans des grands rendez-vous sportifs. Nos deux jeunes ont aux alentours de douze ans. L’adolescence les épargne encore. Ils sont à la pointe de l’invention créée par un imaginaire débordant que l’on ne trouve que dans un esprit d’enfant. Jacques Anquetil est leur phare. Ils vont inventer un monde imaginaire autour de ce coureur. Ils balayeront le réalisme envahissant des adultes. L’univers familial ouvrier leur suffit amplement. L’unique table de la maison recouverte d’une nappe à carreaux sera le terreau de leur inventivité. «Cette table à tout faire, hiver comme été, était recouverte d’une toile cirée décorée de grandes lignes multicolores disposées en carrés de 6cmx6cm, une sorte de Mondrian familial sur fond jaune paille… Sans elle pas de Tour … … Pour organiser le Tour dans la salle à manger familiale, plusieurs conditions devaient être impérativement réunies: 1) que mes parents soient absents, 2) que mon copain Pater soit présent, 3) quenous ayons l’Equipe et l’après-midi devant nous…»

Gérard Mordillat pose précisément le champ de bataille où aura lieu la lutte pour la victoire. Les figurines de coureurs cyclistes tiendront lieu de victimes. Il n’en restera qu’un pour porter le maillot jaune. Gérard Mordillat raconte avec force détails et passion le jeu qui a marqué sa jeunesse ; qui restera gravé dans sa mémoire parmi ses meilleurs souvenirs. Le spectacle s’appuie sur ce passé vécu. Il cherche à entrer dans un univers enfantin et à en montrer l’immensité. Une fois les règles établies, le cadre défini, des enfants plongent dans un imaginaire sans limites. Je souhaite que les jeunes spectateurs suivent les deux personnages dans leur course folle. Le spectateur entre dans l’imaginaire des personnages. Le décor se transforme, les images traduisent ce que les personnages imaginent.

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